fossette sacro coccygienne

Fossette sacro-coccygienne: faut-il vraiment s’inquiéter?

Vous venez de remarquer un petit creux dans le bas du dos de votre bébé, ou le pédiatre vous en a parlé lors d’un examen ? Cette petite dépression cutanée porte un nom : la fossette sacro-coccygienne. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une particularité tout à fait bénigne et sans conséquence. Mais parce que le sujet touche à la santé et qu’il inquiète souvent les jeunes parents, il mérite quelques explications claires.

Dans cet article, vous découvrirez ce qu’est exactement une fossette sacro-coccygienne, d’où elle vient, quand elle est parfaitement anodine et, à l’inverse, quels signes doivent vous amener à consulter.

Qu’est-ce qu’une fossette sacro-coccygienne?

Une fossette sacro-coccygienne est une petite dépression ou un creux cutané situé dans le bas du dos, au niveau du sillon interfessier, juste au-dessus des fesses. On l’appelle aussi fossette sacrée ou fossette coccygienne, en référence aux deux os concernés : le sacrum et le coccyx, tout en bas de la colonne vertébrale.

Il s’agit d’une particularité congénitale, c’est-à-dire présente dès la naissance. Elle se forme pendant la vie embryonnaire et n’a rien à voir avec un traumatisme ou un problème survenu après l’accouchement. C’est aussi une anomalie mineure extrêmement courante : on estime qu’elle concerne environ 3 à 4 % des nouveau-nés. Autrement dit, c’est l’une des petites particularités les plus fréquentes repérées à la naissance.

Dans l’immense majorité des situations, cette fossette est simplement un creux dans la peau, sans aucune communication avec la colonne vertébrale ou le système nerveux. Elle ne provoque ni douleur, ni gêne, et n’entraîne aucune conséquence sur la santé ou le développement de l’enfant.

Où se situe-t-elle exactement?

Pour bien la localiser, il faut se repérer sur trois éléments anatomiques du bas du dos :

  • le sacrum, un os triangulaire situé à la base de la colonne vertébrale ;
  • le coccyx, le petit os pointu qui prolonge le sacrum tout en bas ;
  • le sillon interfessier, ce pli naturel qui sépare les deux fesses.

La fossette sacro-coccygienne se trouve précisément dans ce sillon, généralement très proche de l’anus. Elle se présente comme un petit creux, parfois à peine visible, qu’il ne faut pas confondre avec un simple pli cutané. Ce qui la caractérise, c’est cette dépression nette dans la peau, comme une petite « fossette » — d’où son nom.

Sa position basse, à l’intérieur du sillon, est justement un élément rassurant, comme nous le verrons plus loin.

Quelles sont les causes de la fossette sacro-coccygienne?

La fossette se forme au cours du développement embryonnaire, à un moment précis où la partie basse du dos et la colonne vertébrale se mettent en place. Elle est liée à la façon dont la peau et les tissus se referment dans cette région, en lien avec la fermeture du tube neural (la structure qui donnera naissance à la moelle épinière et au cerveau).

Dans la plupart des cas, cette formation reste totalement superficielle : elle ne concerne que la peau et ne signale aucun problème sous-jacent. C’est pourquoi les médecins distinguent deux grands types de fossettes.

La fossette simple (bénigne)

C’est de loin la plus fréquente. Elle présente plusieurs caractéristiques rassurantes : elle est de petite taille (moins de 5 mm de diamètre), située bas dans le sillon interfessier et proche de l’anus (à moins de 2,5 cm environ), et surtout elle est isolée, c’est-à-dire sans autre anomalie de la peau autour. On voit généralement bien le fond du creux. Ce type de fossette ne nécessite ni examen complémentaire, ni suivi particulier.

La fossette atypique

Plus rare, elle se distingue par des critères différents : elle peut être plus large ou plus profonde, plus haute sur le dos (loin de l’anus), ou associée à d’autres signes cutanés dans la même zone. C’est ce type de fossette qui justifie un avis médical, car elle peut, dans de rares cas, être le signe visible d’une particularité de la colonne vertébrale.

Fossette sacro-coccygienne chez le bébé et le nourrisson

C’est le plus souvent chez le nouveau-né que cette fossette est découverte. Elle fait partie des éléments que le pédiatre ou la sage-femme vérifie systématiquement lors de l’examen néonatal, dans les premiers jours de vie. Le professionnel de santé inspecte le bas du dos, évalue la taille et la position de la fossette, et s’assure qu’aucun autre signe ne l’accompagne.

Si vous découvrez vous-même ce petit creux en changeant votre bébé, pas de panique : dans l’écrasante majorité des cas, il s’agit d’une fossette simple et bénigne. Le mieux est simplement d’en parler lors de la prochaine visite de suivi pour que le médecin confirme son caractère anodin. Vous n’avez pas de soin particulier à apporter à cette zone, si ce n’est l’hygiène habituelle lors du change.

Quand faut-il s’inquiéter? Les signes d’alerte

Même si la grande majorité des fossettes sont sans gravité, certains signes associés doivent vous amener à consulter un médecin. Voici les principaux éléments à surveiller :

  • une touffe de poils au niveau ou autour de la fossette ;
  • une tache cutanée colorée ou un angiome (petite tache rouge ou rosée) à proximité ;
  • une excroissance cutanée ou une petite masse ;
  • un écoulement de liquide par la fossette ;
  • une fossette profonde dont on ne distingue pas le fond ;
  • une fossette large (plus de 5 mm) ou située haut sur le dos, loin du sillon interfessier.

Lorsqu’un ou plusieurs de ces signes sont présents, la fossette peut, dans de rares cas, être associée à une particularité de la colonne vertébrale appelée dysraphisme spinal occulte (parfois évoqué sous les termes de spina bifida occulta ou de moelle attachée). Il est important de le dire clairement : la présence d’une fossette ne signifie pas que votre enfant a l’une de ces conditions.

Ces signes sont simplement une invitation à faire vérifier la situation par un professionnel, qui déterminera si des examens sont utiles. Dans le doute, mieux vaut toujours demander un avis médical plutôt que de chercher à trancher seul.

Quels examens et diagnostic?

Le premier réflexe du médecin est l’examen clinique : il observe la fossette, mesure sa taille, apprécie sa position et recherche les signes d’alerte évoqués plus haut. Pour une fossette simple et isolée, cet examen suffit généralement à conclure qu’aucune investigation supplémentaire n’est nécessaire.

Lorsque la fossette est atypique ou accompagnée d’autres signes, le médecin peut prescrire une imagerie. Chez le tout-petit, avant l’ossification complète de la colonne, une échographie du bas du dos permet d’observer la moelle épinière de façon simple et non invasive. Si un doute persiste ou selon l’âge de l’enfant, une IRM peut être proposée pour une analyse plus précise.

Il faut retenir que ces examens ne sont utiles que dans certains cas bien précis. La plupart des enfants concernés par une fossette n’auront jamais besoin d’imagerie.

Quel traitement pour une fossette sacro-coccygienne?

Dans la très grande majorité des cas, il n’y a tout simplement aucun traitement à prévoir. La fossette simple ne nécessite ni soin, ni suivi, ni intervention : elle fait partie des petites particularités du corps, au même titre qu’un grain de beauté. Elle ne disparaît pas forcément avec l’âge, mais elle ne pose pas de problème.

Seules les rares fossettes associées à une anomalie confirmée de la colonne vertébrale peuvent justifier une prise en charge par une équipe spécialisée (neurochirurgie pédiatrique notamment). Ces situations restent exceptionnelles.

Enfin, il ne faut pas confondre la fossette sacro-coccygienne avec le kyste pilonidal, une affection différente. Ce dernier apparaît plutôt chez l’adolescent ou le jeune adulte, souvent dans la même région, et peut s’infecter ou devenir douloureux. Contrairement à la fossette congénitale bénigne, le kyste pilonidal peut nécessiter un traitement spécifique. Si vous constatez une rougeur, un gonflement ou une douleur dans cette zone chez une personne plus âgée, il s’agit probablement d’autre chose que d’une simple fossette.


La fossette sacro-coccygienne est une petite particularité congénitale très fréquente et, le plus souvent, parfaitement anodine. Un creux de petite taille, bas situé et isolé n’a rien d’inquiétant et ne demande aucun soin. Restez simplement attentif aux signes d’alerte — touffe de poils, tache, écoulement, fossette large ou haute — et n’hésitez jamais à en parler à votre médecin ou pédiatre, qui saura vous rassurer ou, si besoin, proposer les examens adaptés. En cas de doute, le réflexe reste toujours le même : consulter un professionnel de santé.

FAQ sur la fossette sacro-coccygienne

La fossette sacro-coccygienne est-elle dangereuse?

Non, dans l’immense majorité des cas elle est totalement bénigne. Seule une minorité de fossettes présentant des signes atypiques justifie un examen médical complémentaire.

Disparaît-elle avec le temps?

Pas nécessairement. Une fossette simple peut rester présente toute la vie sans causer le moindre problème. Elle ne demande aucune surveillance particulière.

Peut-elle apparaître à l’âge adulte?

La véritable fossette sacro-coccygienne est congénitale : elle est présente dès la naissance. Un creux ou une lésion apparaissant plus tard dans cette région relève plutôt d’un kyste pilonidal ou d’une autre cause, à faire examiner.

Fossette sacrée et spina bifida: quel lien?

Une fossette isolée et bénigne n’est pas synonyme de spina bifida. Seules certaines fossettes atypiques peuvent, rarement, être associées à une particularité de la colonne vertébrale. C’est le médecin qui évalue la nécessité d’examens.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Pour toute question concernant votre santé ou celle de votre enfant, adressez-vous à un professionnel de santé.

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